Entretien réalisé par Martine Chevallet pour le Parisien/Aujourd’hui en France

Le Parisien : Etes-vous surpris des polémiques à répétition sur le train de vie des ministres ?

Charles de Courson : Le train de vie de l’Etat, c’est environ 4 à 5 milliards d’euros, sur 400 milliards de dépenses publiques. C’est donc relativement peu de chose. Mais en temps de crise, la portée symbolique est immense. Il faut des ministres modestes, des directeurs d’administrations centrales et des préfets modestes !

Vous voulez une nouvelle nuit du 4 août pour abolir les privilèges ?

Mais mon aïeul a voté l’abolition des privilèges ! Disons que tout le monde doit faire des efforts. Faut-il des chauffeurs et des belles voitures pour montrer qu’on est quelqu’un d’important ? Moi, je roule en 407 et j’ai même perdu des points de permis. Les préfets sont installés par tradition dans les hôtels particuliers des grands intendants de France. Quel chef d’entreprise accepterait aujourd’hui de diriger sa société depuis un hôtel particulier du XVIIIe ? Aucun. Il ne s’agit pas de tomber dans le misérabilisme, mais de faire des choses raisonnables.

Que pensez-vous des logements de fonction ?

A quelques exceptions près, les ministres n’en ont pas besoin. Pas plus du personnel qui va avec. Beaucoup de démocraties occidentales n’en accordent pas aux ministres. Il en va de même pour les frais de bouche. Les Français savent ce que cela coûte d’aller au restaurant, alors faisons plus simple : on n’est pas obligé de servir aux ministres les plats les plus raffinés. Tout cela est un héritage de la royauté. Or nous sommes en République, il est bon qu’elle soit modeste !

La classe politique partage-t-elle ce noble souci ?

Pas assez. Lorsque vous êtes du bon côté de la barrière, c’est si facile et si agréable …

Rama Yade critiquant les Bleus mais bénéficiant elle-même d’un hôtel luxueux, est-ce acceptable ?

On ne peut pas critiquer les Bleus pour leur hôtel payé sans argent public et dépenser autant soi-même. Il ne s’agit pas d’envoyer les ministres dans des hôtels de préfecture, mais il faudrait qu’ils évitent les palaces.

Quelles règles préconisez-vous ?

Par exemple, plafonner les rémunérations. Les ministres ont entre 13.000 et 15.000 € par mois pour vivre. Franchement, c’est un bon revenu équivalent à 6 mois de salaire moyen des Français. Il faut aussi être impitoyable avec ceux qui mettent la main dans le pot de confiture.

Pensez-vous à Christian Blanc qui fait payer ses cigares au contribuable ?

Il a déjà remboursé une partie, c’est très bien. Mais il doit tout rembourser.

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