« L’avion Skylander sera assemblé par Sky Aircraft Industries, une joint venture de droit portugais entre GECI International, groupe d’ingénierie dont le siège est à Paris, et des investisseurs portugais, avec l’appui officiel du gouvernement portugais et des collectivités locales de l’Alentejo.

Sky Aircraft Industries est basée au Pôle aéronautique de l’Alentejo, au Parc Industriel de l’aérodrôme d’Evora. Plusieurs des sous-traitants de premier rang vont également s’installer à Evora.

Le programme Skylander devrait générer un chiffre d’affaires cumulé de 3.6 Md$ (900 appareils livrés) en Alentejo sur 15 ans, avec un investissement initial de 110 M€. 950 emplois directs seront crées, incluant les sous-traitants de premier rang »

… c’était il y a 5 ans dans un communiqué de presse du gouvernement portugais. 3 ans plus tard, le 8 octobre 2008, le président de l’Agence pour l’investissement et le commerce extérieur du Portugal constate que « le projet a échoué parce qu’il a manqué de cohérence et de consistance ».

On comprend mieux les réserves formulées aujourd’hui par les élus du groupe « UMP-Nouveau Centre et apparentés » au sujet de la prise de participation au capital de l’entreprise à hauteur de 7 M€ par le Conseil Régional de Lorraine, décidée lors de la séance plénière du 24 juin dernier. 7 M€ qui se rajoutent aux 9,1 M€ d’avance remboursable déjà consentis.

Le groupe « UMP-Nouveau Centre et apparentés » a exprimé ses inquiétudes face au manque de garanties financières et aux incertitudes qui entourent les délais de certification : « Si nous sommes soucieux du développement économique de la Lorraine, il n’en demeure pas moins que l’engagement des finances régionales, et donc de l’argent des Lorrains, impose la plus grande transparence et la prudence la plus élémentaire ». Or, la convention de partenariat, sur laquelle les élus régionaux ont été appelés à se prononcer, stipule que les conditions de sortie du capital seront fixées par le pacte d’actionnaires … pacte d’actionnaires qui n’a toujours pas été rédigé !

Que dire encore des annonces faites sur le nombre d’emplois créés (146). Le compte n’y est toujours pas puisqu’à ce jour seuls 83 contrats en bonne et due forme ont été recensés.

On le sait maintenant le président Masseret aime relever les défis, quelque soit le coût qu’ils représentent pour la collectivité. Lui et sa majorité, pour le moins fissurée, mise ainsi sur l’hypothétique développement d’une filière aéronautique pour réussir la reconversion industrielle de la Lorraine, quitte à engager près de 18% des moyens disponibles pour l’action économique du Conseil Régional sur un seul projet … et un seul territoire.

Publicités