Qu’a-t-il donc bien pu arriver à Monsieur le député Christian Eckert pour qu’il s’intéresse subitement à la question du financement du Nouveau Centre … ? Voilà que ce cher député est allé ressortir, de ses vieux cartons, l’anecdote du rattachement du Nouveau Centre au parti polynésien Fatia Api au lendemain des élections législatives de 2007, tout en reconnaissant qu’il n’y avait là rien d’illégal mais que c’était complètement immoral !

Question moralité, le Parti Socialiste n’est sans doute pas le mieux placé et a encore perdu une occasion de se taire !

En pleine curée contre Eric Woerth, voilà que deux affaires, d’un tout autre registre, écornent sérieusement l’armure du « chevalier blanc socialiste » : les affaires Teulade et Andrieux.

Au parti socialiste, comme très souvent, c’est « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! ».

René Teulade, sénateur et ancien ministre, vient d’être renvoyé devant un tribunal pour abus de confiance. Dans le même temps, la députée PS des Bouches-du-Rhône, Sylvie Andrieux, prise la main dans le pot de confiture, a été mise en examen dans le cadre d’une affaire de détournements présumés de fonds de la Région PACA (environ 740.000 €).

Lors de son audition, l’ex-assistant parlementaire de Mme Andrieux aurait avoué que « les détournements visaient à acheter les services de responsables associatifs dans les quartiers populaires du Nord de la ville pour la campagne des élections législatives de 2007 ».

Et que dire de Jean-Noël Guérini, président PS du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, qui est éclaboussé par une affaire de fraudes et de corruption dans des marchés d’ordures ménagères.

Tout le monde en conviendra, ces affaires sont d’une toute autre gravité que l’affaire Woerth, montée en épingle par le Parti Socialiste et ses instruments de propagande, et laquelle retombera vite comme un soufflé.

Par ailleurs, à la faveur de ces deux affaires, nous reviennent en mémoire les années noires de la Mitterandie qui ont terni à jamais l’image de la classe politique française et ont contribué à installer durablement le Front National dans le paysage politique français.

Christian Nucci et l’affaire du Carrefour du Développement. On rappellera simplement à Monsieur Eckert que c’est une loi d’amnistie du 15 janvier 1990 taillée sur mesure, et votée par la majorité socialiste de l’époque, qui a permis à Nucci d’échapper à la Haute Cour de Justice.

Alors question moralité Monsieur le député, vous repasserez !

Et que dire de l’affaire du financement illégal du PS (affaire URBA) dans laquelle Henri Emmanuelli, trésorier, a été condamné à deux ans d’inéligibilité pour recel d’abus de biens sociaux.

A l’instar de Dominique Strauss Kahn, lui-même peu épargné par les affaires, le Parti Socialiste serait bien inspiré en se gardant de jouer éternellement au chevalier blanc : quand on veut donner des leçons aux autres, on s’assure d’être soi-même irréprochable !

Quant à la question du financement du Nouveau Centre, nous devons cette situation « ubuesque » (pour reprendre les termes de François Sauvadet) à François Bayrou et à ses amis socialistes, véritables fossoyeurs du pluralisme politique.

En effet, en 2007 une proposition de loi avait été déposée par des députés Nouveau Centre visant à modifier la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence de la vie politique. Cette proposition, soutenue par une majorité de députés communistes et une partie des membres de l’UMP, aurait permis d’introduire une nouvelle possibilité de financement pour les partis politiques ayant obtenu l’élection d’au moins 15 députés, et à des petits partis, en bénéficiant d’un financement, de gagner en autonomie. Proposition finalement retirée suite à l’opposition de François Bayrou et du Parti Socialiste.

Alors oui, il est grand temps de réformer le système français de financement des partis politiques parce qu’il est source de dérives, qu’il est surtout contraire à NOTRE conception de la démocratie et qu’il ne répond en rien aux attentes de nos concitoyens qui aspirent à un plus grand pluralisme politique.

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