Alors que le Conseil Régional de Lorraine entame la dernière ligne droite avant la présentation du Débat d’Orientation Budgétaire et du Budget Primitif, les organismes de formation professionnelle viennent d’avoir un « triste » aperçu de ce que pourrait être en 2011 la politique de la Région Lorraine à destination des publics les plus fragilisés et les plus éloignés de l’emploi.

En effet, comme chaque année, les services du Conseil Régional ont procédé au lancement de l’appel d’offres pour la mise en œuvre d’actions de formation professionnelle continue, devant démarrer au premier semestre 2011. Quelle n’a pas été la surprise de l’ensemble des acteurs de la formation en découvrant la division par deux du nombre de lots par rapport à l’année dernière ! Cela représente une centaine d’actions supprimées, et environ 800 places-formation en moins. Autant de places qui ne pourront bénéficier aux nombreux demandeurs d’emploi qui viennent pourtant gonfler les fichiers de Pôle Emploi depuis le début de la crise (Depuis juin 2008, le nombre de demandeurs d’emploi de Catégorie A a augmenté de 48,7 % en Lorraine et de 46,5% en France).

L’inquiétude est grande au sein de l’appareil de formation lorrain, et des licenciements ne sont malheureusement pas à exclure, tant dans les organismes publics que dans les organismes privés.

Cette décision du Conseil Régional de Lorraine est d’autant plus incompréhensible que la formation des demandeurs d’emploi constitue son « cœur de métiers », et que la situation, au regard du contexte économique, exigerait au contraire un effort plus soutenu de la collectivité en la matière.

Déjà, lors de la campagne des élections régionales, le Nouveau Centre, et Laurent Hénart, avaient vivement dénoncé le « renoncement » du Président Masseret et de son équipe dans ce secteur, avec une baisse de plus de 4 millions d’euros des crédits consacrés à la formation des demandeurs d’emploi.

Sept mois après sa réélection, que reste-t-il de ce qui devait être un axe fort de son second mandat, « la sécurisation des parcours de vie des Lorrains » ? La physionomie de cet appel d’offres augure-t-il des orientations budgétaires pour 2011 ?

Incompréhensible parce que les choix opérés ne répondent à aucune logique, et pire encore révèlent un manque cruel de discernement. Et nous en voulons pour preuve le traitement réservé au Bassin Houiller Lorrain qui se voit ainsi amputé de près de 40% des actions de formation, ce qu’a dénoncé le groupe UMP-Nouveau Centre-Apparentés lors de la séance plénière du 22 octobre dernier.

Pourtant, dans son rapport 2010 sur la situation économique et sociale en Lorraine, le Conseil Economique a pointé les difficultés accumulées par ce bassin d’emploi et appelé à « la nécessité d’une mobilisation forte et sans faille des acteurs de ce territoire ». En guise de réponse, le Conseil Régional réduit le nombre d’actions de formation et condamne, à terme, une partie du tissu économique local.

Aujourd’hui, nous voyons bien que la tentation est grande pour l’exécutif régional de se servir de l’annonce du gel des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales comme d’un alibi pour justifier des restrictions budgétaires, y compris dans un secteur aussi fondamental que la formation professionnelle. Mais gel n’a jamais signifié diminution par deux !

Surtout, cette attitude masque en réalité une incapacité de la majorité régionale à définir des orientations stratégiques dans un contexte économique difficile tant pour les entreprises, et les hommes et les femmes qui y travaillent, que pour les pouvoirs publics.

Alors oui, Jean-Pierre Masseret et sa coalition vont devoir faire des choix, et les conseillers régionaux du Nouveau Centre seront attentifs à ce que la formation des demandeurs d’emploi ne soit pas sacrifiée sur l’autel de la fin « annoncée» de l’autonomie financière des collectivités territoriales.

Publicités