Entretien avec Nathalie Colin-Oesterlé, Présidente de la fédération de Moselle du Nouveau Centre, réalisé par Aurélia Salinas pour La Semaine – 07 avril 2011

La Semaine – Vous avez été prise à partie par Nadine Morano lors de la session du Conseil Régional vendredi dernier qui vous a dit, je cite, « N’oublie pas qui t’a fait reine », qu’en pensez-vous ?

Nathalie Colin-Oesterlé – « Je suis une femme libre. Aujourd’hui, il y a une crispation à l’UMP. Ce parti rejette tout ce qui n’est pas conforme à ses idées. Or, j’estime qu’il n’y a pas de pensée unique à droite. J’appartiens à une famille politique où le débat existe. C’est ce qui m’a plu au Nouveau Centre, on respecte les débats. Je dis juste tout haut ce que beaucoup pense tout bas ».

A savoir que l’UMP connaît une crise profonde …

« Aujourd’hui, il y a des gens qui ne se reconnaissent plus dans l’UMP, même en interne. Les électeurs cherchent autre chose. Je ne dis pas que je suis anti-Sarko. C’est quelqu’un de courageux qui a su mener des réformes nécessaires. Mais, en ce moment, les Français ne s’intéressent pas aux grands débats tels que celui sur la laïcité. Ils veulent parler de pouvoir d’achat, du financement des études de leurs enfants, des deux nouvelles paires de chaussures qu’il va falloir acheter pour le printemps ».

Parler de laïcité, c’est aussi entrer dans le terrain du FN.

« Je ne partage pas l’ambiguïté de ce positionnement. Je n’ai eu aucun état d’âme, lors des cantonales, à appeler à voter pour un socialiste républicain plutôt qu’un candidat du FN« 

Croyez-vous à un renouveau de l’UDF ?

« Il est sur les rails. La Confédération des Centres y travaille. Les choses bougent. La question que je pose est : pour qui vont voter les gens de droite qui n’ont pas envie de voter Sarkosy aux prochaines présidentielles ? »

Le Nouveau Centre pourrait donc avoir un candidat à la Présidentielle ?

« Oui, c’est un scrutin à deux tours. Il est normal que les sensibilités s’expriment« .

Quitte à créer des divisions ?

« Quelles divisions ? A gauche, toutes les sensibilités s’expriment au premier tour. l’UDF et le RPR ont longtemps proposé chacun une candidature. A l’UMP, on estime qu’on n’a pas besoin d’autres choses, que toutes les senisibilités sont rassemblées. Je ne crois pas qu’on puisse fédérer en étouffant les sensibilités« .

Quels enseignements tirez-vous des cantonales ?

« D’abord, qu’un canton de Metz est revenu dans notre famille politique. Le fait qu’il y ait eu plusieurs candidats de droite n’a pas empêché Denis Jacquat de gagner, je pense même que ça l’a aidé. Ensuite, je retiens la sanction exprimée contre Dominique Gros et à sa manière de faire. Il s’est fait élire sur une image d’homme accessible. On voit bien que ce n’est pas le cas. Il a payé le fait de ne pas tenir compte des difficultés que connaissent les Messins ».

Comment vous sentez vous dans l’opposition au conseil municipal ?

« Je la trouve plutôt respectueuse. Je n’ai jamais eu le moindre souci pour exprimer ma position ».

Avez-vous des ambitions municipales ?

« Etre dans une équipe municipale, oui, tête de liste, pas pour l’instant. Cela créerait trop de divisions dans une droite qui a déjà du mal à recoller les morceaux. Par contre, je ne m’interdis rien par rapport à d’autres échéances« .

Les législatives, par exemple ?

« Par exemple … ».

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