Communiqué de presse de Nathalie Colin-Oesterlé, chef de file UDI à Metz, conseillère municipale

Aujourd’hui les Messins n’ont pas à se demander si Manuel Valls et Christiane Taubira en font trop sur les Zones de Sécurité Prioritaire, à l’heure de leur 1er bilan, puisque le maire de Metz n’a pas su, ou voulu, obtenir le classement du quartier de Metz-Borny en ZSP … Là où le maire de Nancy réussissait pourtant à le faire pour son centre-ville … Quel comble !

En novembre 2012, j’ai non seulement dénoncé cette décision du Ministre de l’Intérieur d’exclure Borny des ZSP, mais également regretté l’angélisme de Dominique Gros et de sa majorité qui ont minimisé l’état réel de la délinquance et de l’insécurité dans ce quartier. Car il faut rappeler que cette seconde vague de ZSP s’appuyait sur une demande venant du « terrain », et donc des élus locaux, via les procureurs et les préfets qui avaient été sollicités afin de faire « remonter les demandes » …

Loin de moi l’idée de vouloir encore stigmatiser ce quartier et ses 18.000 habitants, que j’ai appris à connaitre lors de mes nombreuses visites, mais faisons preuve un peu de lucidité …. Ce quartier est reconnu comme une plaque tournante de la drogue au niveau européen. Le procureur de Metz lui même déclarait il y a quelques mois , « le quartier de Borny reste le lieu numéro un de l’économie souterraine et du trafic de stupéfiants » … Or la finalité de ces ZSP est bien de lutter « en partenariat contre la délinquance la plus ancrée dans ces quartiers et confrontés à des problèmes d’économie souterraine, cambriolages ou à des trafics ».

Pour cela, les Zones de Sécurité Prioritaire se sont vues doter de moyens supplémentaires, non seulement en effectifs, mais également financiers non négligeables (25 millions d’euros sur les 37,2 millions d’euros du fond interministériel de prévention de la délinquance) dont une partie aurait été sans doute la bienvenue pour lutter, non seulement contre les trafics à Borny, mais surtout pour amplifier la phase de rénovation du quartier et accompagner les personnes les plus éloignées de l’emploi. Borny affiche un taux de chômage de 23,7%, alors qu’il est de 9,5% dans le reste de l’agglomération …

Et le 1er bilan des ZSP semble être des plus prometteurs : baisse des violences urbaines de 32% en six mois à Amiens, un bond de 83% du démantèlement des trafics à Saint-Ouen, diminution de 28% des cambriolages à Vauvert et à Saint-Gilles … Mais les habitants de Borny peuvent remercier le maire de Metz … ils devront continuer à vivre au milieu des trafics et de l’insécurité galopante.

Le classement de Borny en ZSP n’aurait pas eu un effet négatif en termes d’image, bien au contraire, et c’est ce qu’a parfaitement compris André Rossinot à Nancy. Car il ne suffit pas d’implanter un équipement culturel supplémentaire (La Boîte À Musique) ou d’intégrer le tracé du METTIS au quartier, pour résoudre toutes les difficultés auxquelles Borny et ses habitants doivent faire face.

Si la politique de rénovation urbaine menée depuis de nombreuses années, bien avant que cette majorité municipale soit en responsabilité, a permis de changer peu ou prou la physionomie de Borny, cela n’a pas suffi à faire disparaître les phénomènes qui affectent la vie quotidienne des habitants de ce quartier. Tant que les trafics, l’économie souterraine perdureront à Borny, l’image de ce quartier ne changera pas.

Le classement en Zone de Sécurité Prioritaire de Metz-Borny, couplé à une réforme des Zones Franches Urbaines que j’appelle de mes voeux, doit être au cœur de notre projet politique pour les prochaines élections municipales de 2014.

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