Hier s’est tenue la dernière Séance Plénière du Conseil Régional avant l’été, traditionnellement consacrée à l’examen du compte administratif 2012 et du budget supplémentaire 2013. Mais cette séance plénière a surtout été l’occasion pour le Président du Conseil Régional de solliciter les élus régionaux pour qu’ils l’autorisent à contracter un emprunt de 50 millions d’euros, censé concrétiser l’engagement du Conseil Régional dans le « Pacte Lorrain », en cours d’élaboration avec l’Etat … « En cours d’élaboration » car là est bien le problème pour les élus d’opposition qui ont décidé de ne pas prendre part au vote.

Il était en effet demandé aux élus de se prononcer sur la base d’un plan État-Région qu’aucun d’entre eux n’a encore eu entre les mains, et dont seules quelques « préconisations » ont été dévoilées. Monsieur Masseret n’a d’ailleurs pas jugé utile d’associer tous les élus, quelle que soit leur couleur politique, aux travaux préparatoires menés notamment par la conférence régionale à la mobilisation économique et à la promotion de l’innovation que l’on aurait pu imaginer élargie pour la circonstance … Pour la recherche de consensus, peut mieux faire !

À plusieurs reprises déjà les élus ont eu à faire confiance à Monsieur Masseret, sur de nombreux projets, engageant pour certains d’entre eux des dizaines de millions d’euros, et dont on sait qu’ils ont souvent avorté sans donner les moindres résultats ou retour sur investissement pour les Lorrains … Deux projets emblématiques illustrent ces choix hasardeux : une plateforme numérique qui était censée « révolutionner » la vie des entreprises lorraines (4 millions d’euros HT engagés par la Région) et le projet Skylander, pour lequel près de 30 millions ont été investis par la collectivité en pure perte, sans parler des aménagements de Chambley chiffrés à 90 millions à l’horizon 2017 …

Les lorrains comprendront aisément la très grande réserve dont ont fait preuve les élus du groupe « UMP – Nouveau Centre et Apparentés » au moment d’autoriser Monsieur Masseret à souscrire cet emprunt pour un pacte dont le contenu sera dévoilé qu’en septembre prochain.

Un nouvel emprunt qui vient par ailleurs s’ajouter à un niveau d’endettement déjà très important de la collectivité régionale, puisque l’encours de la dette s’élève à un niveau record de 885 millions d’euros, ce qui a valu d’ailleurs au Président Masseret et à sa majorité les honneurs de la presse nationale

Une fois encore le Président du Conseil Régional, sous couvert de vouloir mettre la pression sur l’État, a surtout fait preuve d’un certain « empressement » à vouloir communiquer sur ces 50 millions d’euros, alors même que les élus n’ont pas encore une idée précise de ce qu’il y aura au final dans ce Pacte … et d’autant plus que Jean-Pierre Masseret admet que des économies devront être réalisées par ailleurs sur certaines politiques régionales … Autant dire que nous naviguons à vue …

Ce que l’on sait en revanche avec certitude, c’est que depuis 2004 et l’arrivée de Monsieur Masseret à la gouvernance, la Lorraine a enregistré une baisse continue de l’emploi salarié, une augmentation de près de 30% du nombre de demandeurs d’emploi, et notre région n’a jamais cessé de décrocher … Et depuis 2004, on ne peut que déplorer son incapacité, et celle de sa majorité, à fixer un cap mobilisateur, à anticiper les mutations en cours qu’elles soient économiques ou professionnelles.

Or, il ne s’agit plus de continuer à exister dans la mondialisation, il s’agit aujourd’hui de s’adapter à un monde nouveau.

Le Pacte Lorrain, s’il est nécessaire, n’en constitue pas moins un « exercice lointain », pour reprendre les propres termes du Président du Conseil Économique Social et Environnemental de Lorraine. Or, les Lorraines et les Lorrains ont surtout un besoin immédiat de « changement », comme a su nous le marteler Monsieur Masseret tout au long de la dernière campagne présidentielle.

C’est sur ce terrain que les Lorraines et les Lorrains attendent aujourd’hui le Président du Conseil Régional. Et c’est sur ce terrain que nous demandons à Monsieur Masseret et à sa majorité d’agir sans attendre.

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