Intervention de Nathalie Colin-Oesterlé, conseillère municipale, tête de liste UDI pour les municipales à Metz, lors du Conseil Municipal du 31 octobre 2013

Monsieur le Maire,

Notre pays est la plus grande communauté juive d’Europe, la plus grande communauté arabo-musulmane d’Europe, nous sommes la fille aînée de l’Église mais nous sommes d’abord la République et la laïcité c’est notre pacte.

Le culte musulman, à l’instar des autres grandes religions, a le droit dans notre cité de disposer d’un lieu de culte visible et reconnu au sein de l’espace public.

Je le dis avec force, le respect du pluralisme religieux et l’expression de la diversité religieuse doivent nous conduire en tant qu’élus responsables, garants de la laïcité et de la prise en compte de nos compatriotes qui au prix de leur vie ont fait de la France ce qu’elle est, à considérer la communauté musulmane comme faisant pleinement partie de la nation. Les générations nées en France sont d’ailleurs pleinement françaises.

Ce qui me semble en revanche tout à fait critiquable et d’une duplicité voire d’une perversité coupables, c’est le moment choisi pour lancer un tel débat. Certes ce projet de mosquée figurait dans votre programme. C’était en 2008.

Cinq ans se sont écoulés et c’est à 5 mois de l’échéance électorale qu’émerge l’opportunité d’un terrain. Il est vrai que vous l’aviez déjà évoqué à la veille de précédentes élections à grand renfort de conférences de presse. Vos résultats au premier tour sur votre canton auraient du vous inciter à davantage de prudence …

Ce soir, vous ne trompez personne et votre cynisme vous jouera des tours.

Le premier reproche que l’on puisse vous faire est d’instrumentaliser une communauté alors que chacun sait ici que c’est dans le cadre d’un débat apaisé et serein que l’on fera émerger l’Islam de France, que tous (et le Ministre de l’Intérieur au premier chef) appelons de nos vœux.

Le second reproche, et il n’est pas des moindres, c’est de sortir ce dossier à quelques mois des échéances dans le seul but de faire prospérer des thèses portées aujourd’hui par la candidate du Front national, dans un contexte de crise économique et sociale jamais égalé.

Dans quel but ? Eh bien je vais vous le dire, en espérant ainsi faire monter le vote Front national pensant par là même qu’il affaiblira le vote de la droite républicaine. Vous oubliez seulement que le FN, aujourd’hui puise 40% de ses forces à gauche … je me permets à cet égard de vous rappeler l’exemple récent de l’élection cantonale partielle de Brignolles.

Alors oui vous jouez là avec le feu.

Et vous allez porter une responsabilité majeure qui dépasse l’entendement au mépris des valeurs républicaines que nous sommes tous censés défendre ici.

En y regardant de plus près, la manipulation saute aux yeux ! Vous accordez un terrain alors que le dossier n’est absolument pas abouti. En effet, que les municipalités soient de Droite ou de Gauche, pour chaque dossier que l’on soit à Mulhouse, Strasbourg, … les mêmes questions préalables à débattre de manière transparente se sont toujours posées. Elles sont de deux ordres :

  • La représentativité de l’association porteuse du projet.
  • L’origine des fonds permettant le financement de la construction de l’édifice religieux.

Concernant la représentativité, l’UACM ne regroupe pas aujourd’hui toutes les sensibilités de la religion musulmane. Que faites vous des autres ? Et c’est là un point extrêmement important, qui a fait l’objet de l’amendement déposé par nos deux groupes et présenté ce soir par Madame Zimmermann.

S’agissant du financement, nous ne disposons aujourd’hui d’aucune information nous permettant de connaître l’origine des fonds permettant le financement de cette mosquée. Or il s’agit là d’une question essentielle, une question qui préoccupe chacun de nos concitoyens.

A ces deux questions qui, je le redis, sont essentielles, vous n’apportez aucune réponse.

Alors que rien ne vous empêchait de réserver ce terrain pour l’avenir dans l’attente de toutes les garanties qui s’imposent, dans un climat apaisé et serein.

Je suis malheureusement convaincue que ce sont des considérations électoralistes qui vous ont amené à présenter un dossier non abouti au Conseil Municipal ce soir je le regrette profondément et pour toutes ces raisons, je ne prendrai pas part au vote.

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